UNLUCKY JEFF

Le titre :Lucky Jim

L’artiste :The Gun Club

Le format :33T/30 cm

La date de sortie : 1993

Le genre :Chant du cygne

C’est qui ?:Le groupe de Jeffrey Lee Pierce, un gars qui a réussi à se péter la rate (au sens propre) à force de picoler.

Qui joue dessus ?:Jeffrey Lee Pierce et la formation du groupe « deuxième époque », mais sans Kig Congo Powers.

Comment ca sonne ?:Comme si on entendait le groupe à travers un mur capitonné.

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ca à bien vieilli ?

 Ré-édition nickel chez Cooking-Vinyl.

Ce qu’en pense Caillou :

C’est le dernier album du groupe et le moins connu, le moins cité, et on se demande bien pourquoi.

L’écoute des deux premiers morceaux est tétanisante, notamment grâce à l’interprétation de Jeffrey Lee Pierce, dont Bertrand Cantat rêve encore. Tout le reste est à l’avenant, un lot de chansons propres à renforcer les traumatismes de Nick Cave qui lui doit quand même un max. Quant à Dave Eugene Edwards, n’en parlons pas.

Deux ans plus tard, Jeffrey Lee Pierce réussira à se pochetronner définitivement et s’envolera backstage attendre Lux Interior. 

Caillou trouve le sort injuste avec Jeffrey Lee Pierce, mort dans l’indifférence et complètement ignoré dans son pays, dont il n’a pourtant jamais cessé d’honorer la musique.

IT’S SO COLD IN ALASKA

Le titre :Berlin

L’artiste :Lou Reed

Le format :33T/30 cm

La date de sortie : 1973

Le genre :Plus noir tu meurs.

C’est qui ?:Le mec qui a fait un hit avec une chanson parlant de fellation.

Qui joue dessus ?:Des enfants qui pleurent et des métalleux égarés.

Comment ca sonne ?:Froid comme le zéro absolu.

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?: Le zéro absolu conserve plus que bien.

Ce qu’en pense Caillou :

C’est le disque qui a fait que Lou Reed, déjà vachement taciturne, est devenu encore plus méchant. 

Sorti en 1973, tout le monde trouve ca glauque. Lester Bangs trouve ça bien, mais n’est pas sûr. Les ventes sont pourries, dont la moitié réalisée par erreur, l’acheteur pensant retrouver les travelos de « Walk on the wild side ». Reed, qui pense à juste titre pour une fois que c’est un chef d’œuvre, est super vénère et trouve que le public c’est vraiment qu’un tas de blaireaux.

Ça parle de gens qui se rencontrent, se défoncent, s’aiment, se défoncent, font des enfants et …se défoncent quand même. Le tout finissant très très mal. 

On ne parle pas souvent de « concept album » à propos de ce disque et pourtant…c’est surement le seul ayant un préalable à sa composition (la narration de la relation mortifère de deux junkies) et qui l’accompli brillamment dans un suite de chansons extrêmement cohérente.

Caillou défie quiconque d’être capable d’écouter « The kids » en prenant son petit déjeuner.

PAS MOU DU TOUT

Le titre :Sunshine rock

L’artiste :Bob Mould

Le format :33T/30 cm

La date de sortie : 2019

Le genre :Rock indé quand ça voulait encore dire quelque chose 

C’est qui ?:Le guitariste de Oussequeredou et le Yoda de Black Francis

Qui joue dessus ?:Bob Mould et deux autres gars inconnus au bataillon

Comment ca sonne ?:Comme un orage électrique, sans paratonnerre

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?: 

Sans objet

Ce qu’en pense Caillou :

Caillou pense que les amplis dont les potards vont jusqu’à 11 ont été inventé pour Bob Mould. 

Après avoir traumatisé Black Francis avec Hüsker Dhü, Bob Mould a formé Sugar, établissant le son de ses productions futures. Au terme de Sugar, il a continué à sortir des albums, honorables mais moins inspirés.

On connait l’anecdote de l’annonce sur le mur de la fac disant « groupe recherche bassiste  fan de Peter Paul & Mary et Hüsker Dhü », le résultat donnant naissance à Pixies.

A l’écoute de l’album le gros Charles doit raser les murs. Le patron est revenu et ca va chier. Pixies doit sortir un album cette année, ça a intérêt à être du même niveau…

Caillou pense que Black Francis donnerait un bras pour pouvoir écrire de nouveaux des morceaux de la trempe de « I Fought ».

RUMINANT

Le titre :Pursuit of momentary happiness

L’artiste :Yak

Le format :33T/30 cm

La date de sortie : 2019

Le genre :Mur du (gros) son

C’est qui ?:Des jeunes

Qui joue dessus ?:Oli Burslem, Vincent Davies, Elliot Rawson. 

Comment ca sonne ?: Comme Black Rebel Motorcycle Club un jour où le chanteur ne ferait pas la gueule, avec en plus des arrangements de cuivres un peu artificiels. Il y a aussi du Mellotron, plus pour faire plaisir à la famille qu’autre chose….

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?: 

Sans objet

Ce qu’en pense Caillou :

Alors on va tout de suite évacuer le sempiternel débat : pas d’originalité, on l’a déjà entendu dix fois. Comme dirait Perceval : « C’est pas faux », mais on s’en fout.

Vu le son du bazar on imagine sans peine la puissance dégagée en concert, ce qui sort déjà le groupe du lot (non non, j’ai rien dit sur Kurt Vile) et le place là où un groupe de rock se doit d’être : des jeunes qui jouent une musique simple, sauf qu’en 2019 elle est obligatoirement nourrie du passé. 

Sur le deuxième morceau (Fied) le chanteur hurle « What you’ve got is what you make it », ce qui semble sonner comme une déclaration d’intention louable. Aujourd’hui c’est un peu comme à l’école, si on a bien fait ses devoirs, tout se passe bien. Et un groupe qui rend un hommage à peine voilé à Mark. E. Smith (sur le premier morceau de la face B) a tout pour plaire à Caillou.

 Le groupe a le bon gout de ne proposer que 10 morceaux (5 par faces, le bidule appelé « interlude » ne comptant pas), se distinguant ainsi de nombre de ses contemporains qui pensent qu’on a envie de passer 6 faces en leur compagnie (non,non, j’ai rien dit sur Kurt Vile).