CARBONE 14

Le titre : The new abnormal

L’artiste : The Strokes

Le format : 33T/30 cm.

La date de sortie : 2020

Le genre : Vingt ans après

C’est qui ?: D’anciens mousquetaires

Qui joue dessus ?: Julian Casablancas / Albert Hammond Jr /  Nick Valensi / Nikolai Fraiture / Fabrizzio Moretti

Comment ca sonne ? : Moitié comme d’habitude (pour ne pas effrayer le client), moitié un peu comme MGMT et consorts (pour éviter les sentiment de « déjà entendu »)

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Il y a vingt ans, les Strokes envahissaient la presse musicale lors d’une gigantesque campagne promotionnelle pour les baskets américaines « Converse ». Résultat : 50% d’augmentation du prix des chaussures et des critiques du genre « Ouais, c’est pour faire comme les Ramones ».

Digression 01 : Si on regarde bien les photos, les Ramones n’en portent pas, mais ont à la place des chaussures blanches bien pourraves, vite salies sur les trottoirs du Queens. Quand on tapine au coin de 53rd&3rd street pour manger, on achète pas ses pompes chez Macey’s.

Digression 02 : Effectivement les Ramones étaient vraiment pauvres, alors que les Strokes pas du tout. Ce coté « fils de riche » leur sera constamment reproché par des pénibles qui pensent surement que Lennon était un authentique « Working class Hero » et Mick Jagger fils de mineur…. 

Bref…Ce n’est pas parce que le père de Julian Casablancas dirige(ait) une agence de mannequinat New Yorkaise (une vachement connue, genre « Elite », je sais plus, on s’en fout) que cela l’empêchait d’écrire de bonnes chansons avec ses copains, riches aux aussi. Leur premier album en témoigne.

Digression 03 : Ce n’est pas parce qu’on est né dans un milieu défavorisé qu’on va forcement avoir un bonus à l’écriture, sinon tous les bons groupes viendraient des Balkans, ou de Tourcoing, et ca se saurait. Je sais, c’est injuste.

Donc….7 ans après leur dernier album qu’on a même pas écouté, le groupe sort un nouveau disque. Avec comme d’habitude de bonnes chansons avec des guitares dedans, et sans se sentir obligé de faire un double album comme la plupart de leurs contemporains (9 morceaux/45 minutes). 

Produit par Rick Rubin, l’album débute par un morceau au son typique du groupe (batterie en sourdine/riff de guitare et rythmique sur les cordes graves/arpèges pendant le refrain/chant « tout bas » en avant dans le mix) pour ensuite enfiler une suite de morceaux aux son différent, mais chacun un peu moins bon que le précédent (les morceaux, pas le son), jusqu’au dernier titre qui rattrape l’ensemble de la façe B (la quoi?).

Digression 04: Sur les crédits, on remarque qu’au lieu de l’habituel « Words & Music : J.Casablancas » il y a écrit « Music by The Strokes ». Cela sent quand même un peu l’arriéré d’impôt, mais on connait de plus mauvaise raison de se reformer.

A écouter en rentrant du boulot, dans le métro de préférence (port du masque obligatoire).

POLLY JEAN

Le titre : The crowded cell

L’artiste : Polly Jean Harvey

Le format : Euh…numérique? Ecouté sur AppleMusic, en tout cas. Quelle misère…

La date de sortie : 2019

Le genre : Tuerie

C’est qui ?: La fille de Neil Young

Qui joue dessus ? PJ Harvey, sur, mais le reste on ne sait pas puisque qu’il n’y à pas les crédits sur ItunesMusic. Un mec chante avec elle, et il y a un tambour.

Comment ca sonne ? : Comme elle devrait

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Le meilleur morceau de PJ Harvey qu’on ait entendu depuis des années. 

Sans la voie maniérée des derniers albums. Sans la minauderie. Un morceau brutal, comme elle sait faire. 

Avec de la guitare. Le jeu de guitare de Polly Jean. Le vrai. Unique. Qu’elle avait pourtant abandonné depuis des années…

2 minutes 35 secondes de PJ Harvey presque comme avant. Avant la pose arty. Avant le chant maniéré. Avant les concerts de diva sophistiquée. Avant les albums enregistrés dans les musées.

KICK OUT THE JAMS

Le titre : People in the sky

L’artiste : The Sckizophonics

Le format : 33T/ 30 cm

La date de sortie : 2019

Le genre : Aimessifailleve

C’est qui ?: Un groupe de San Diego

Qui joue dessus ? Letty Beers / Pat Beers

Comment ca sonne ? : Comme le MC5

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Qu’est ce qui fait qu’on aime écouter un disque comme celui des Schizophonics en 2019? Pourquoi aimer un groupe qui sonne carrément comme le MC5, mais 50 ans plus tard, sans le contexte, sans Wayne Kramer, sans les White Panthers, sans rien que…le souvenir ?

Mais le souvenir de quoi? Le souvenir d’une époque que l’on a pas connu? C’est un peu bizarre quand même.

Caillou pense qu’il ne faut pas trop réfléchir à ce genre de chose. Réfléchir c’est bon pour la physique quantique ou l’histoire de l’art. Mais pour le rock’n’roll, franchement ! Les groupes de rock qui réfléchissent, on voit ce que ca donne.

Reste donc la forme. Canonique. Guitare, Basse, Batterie, Ampli sur 11, Bière, Copains et Samedi soir. Et puis c’est tout.

Une invention formelle bruyante issu du consumérisme américain d’après-guerre, bâtie sur les fondations du blues. Parfait ! Le reste on s’en fout.

Caillou écrit ces lignes a l’heure où le groupe joue dans un bar de Californie (l’Alex’s Bar à Long Beach – merci internet). Un samedi soir de bar de quartier, qu’on imagine plein de bruit et de fureur. Les bluesmen du chitlin’circuit n’ont pas agit autrement.

LAZARUS

Le titre : Thanks for the dance

L’artiste : Leonard Cohen

Le format : 33T/ 30 cm

La date de sortie : 2019

Le genre : Même pas mort

C’est qui ?: L’ex de Suzanne

Qui joue dessus ? Adam Cohen et d’autres musiciens, dont Daniel Lanois et le guitariste flamenco historique  de Cohen, Javier Mas

Comment ca sonne ? : Dépouillé

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Comme chacun le sait, Leonard Cohen est mort en 2016, trois semaines après la sortie de son dernier album «You want it darker». Cependant il avait continué de travailler après l’enregistrement, laissant une poignée de  démos, s’ajoutant aux chansons non retenues pour l’album. C’est donc son fils Adam, musicien également, qui s’est chargé d’arranger les morceaux publiés sur ce disque d’outre tombe.

On est toujours circonspect quand il s’agit de faire parler les morts, l’opportunité mercantile n’étant jamais loin. Les ayants droits d’Hendrix en savent quelque chose, le parachutiste gaucher ayant sorti a peu près un disque par an depuis sa mort….

Et ben là, pas du tout. Le fiston à tout fait pour magnifier les chansons du vieux, dans une sorte de « best of des meilleurs arrangements de Leonard Cohen». Force est de constater que c’est bien mieux que les derniers disques, qui étaient un peu plombés par une mise en forme pénible (les albums post « The Future »).

On ne reviendra pas sur les talents d’écriture de Cohen, qui en plus d’être un excellent mélodiste, fut l’auteur de textes inoubliables. Les chansons sont excellentes, textes compris, et il y a même un chef d’œuvre (« It’s torn »). En fait, c’est son meilleur album, et de loin, depuis « The future » sorti en 1992. Ce qui n’est pas rien.

Cerise sur le gâteau, la dernière phrase du dernier morceau du dernier album de Leonard Cohen est donc:« Listen to the hummingbirdsDon’t listen to me ». Ce qui n’est pas sans rappeler la dernière réplique du dernier film de Kubrick (« Fuck!», lâché par Nicole Kidman à un Tom Cruise dépassé par les événements ). C’est dire le niveau…

Parfois, Caillou rêve la nuit. Dans son rêve, Nick Cave s’assoit devant sa machine à écrire en se disant « Il est mort, c’est moi le patron ». Apparaît derrière lui un petit gars transparent (genre Yoda quand il est mort et qu’il parle à Luke), à l’air carrément sémite, en costard super classe et la clope au bec. Lui tapote l’épaule, et lui glisse à l’oreille : « Bon courage, Nicolas »….

NARCOSE

Le titre : No other

L’artiste : Gene Clark

Le format : 33T/ 30 cm

La date de sortie : 1974

Le genre : Lyrisme country-rock lysergique

C’est qui ?: Le mec au regard perdu à coté de McGuinn et Crosby sur les photos des Byrds 

Qui joue dessus ? : Gene Clark / Lee Sklar / Butch Trucks / Russ Kunkle / Michael Utley

Comment ca sonne ? : Comme de la variété jouée au paradis

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Re-masterisé en 2019 à Abbey Road, à partir des masters originaux. Impeccable.

Ce qu’en pense Caillou :

Membre fondateur des Byrds, Gene Clark n’a pourtant pas du rigoler tous les jours. Un comble pour un américain ayant eu 20 ans en Californie dans les années 60. Par malheur, Gene Clark était dépressif. Par malheur, il était dans le même groupe que Roger McGuinn et David Crosby (deux gros égos, le premier étant même capable de s’attribuer les crédits de « Mr Tambourine Man », pensant peut-être que Dylan était trop défoncé pour lire les crédits …). Du coup Clark se tire du groupe des VRP du LSD et entame une carrière solo qui s’avérera inégale autant qu’erratique.

Pourtant, en 1974, il enregistre à Los Angeles cet album, « No Other », qui, comme ses autres productions, ne se vendra pas. Mystère? 

Et ben oui, mystère, parce que franchement on ne comprend pas. Ou alors seuls les dépressifs comprennent? C’est vrai que les textes ne sont pas gais et que l’ambiance du disque est un peu sombre (du genre « Third »de Big Star, l’album où il y a « Holocaust »)  et que le chant, le timbre de voix notamment, exprime une sorte de lassitude. Et d’ailleurs ce n’est pas un défaut. Mais bon….les chansons ! Huits morceaux tous plus excellents les uns que les autres. Des mélodies d’une beauté étourdissante. Des envolées lyriques même pas ringardes !

Certes les arrangements, excellents, sont plutôt plan-plan, voire pompiers, mais, tabernacle! avec des chansons de ce niveau d’écriture on peut tout faire. Pour une fois, la réputation collé à ce disque de « plus grand des chef-d’œuvre inconnu », n’est pas usurpée.

Caillou pense que Nick Cave a écouté ce disque 350 000 fois.

Eddy Mitchell aussi, mais lui il n’a rien compris.

DE PROFUNDIS

Le titre : Braindrops

L’artiste : Tropical Fuck Storm

Le format : 33T/ 30 cm

La date de sortie : 2019

Le genre : En dehors des clous

C’est qui ?: Des Australiens (en fait deux anciens de « The Drones » avec un bout de « High Tension » et un bout de « Mod Con »)

Qui joue dessus ? : Gareth Liddiard / Fiona Kitshcin / Erica Dunn / Lauren Hammel 

Comment ca sonne ? : Tordu

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Sorte de « supergroupe » de l’underground des antipodes, Tropical Fuck Storm publie son deuxième album. Ne choisissant pas la facilité, les australiens essaient de se cacher sous les apparences d’un groupe low-fi à la con (vous savez ces groupes qui jouent faux exprès avec un son pourri, ont un visuel « fait à la maison » pour faire comme Daniel Johnston, mais ne sont pas foutu d’écrire une chanson). Pourtant, il n’en est rien.

En effet, de prime abord, la pochette est parfaitement hideuse, mais bon, on en à vu d’autres. On sort le disque de la pochette et là….malheur…c’est quoi ce disque rose fuchsia ?! Au cas où on n’aurait pas compris, le dessin horrible de la pochette est reproduit sur le macaron…

A l’écoute, les premières secondes, c’est pareil. Encore un machin avec des guitares bizarres qui se prend pour Can ou Sonic Youth. Sauf que ce n’est valable que…pour les trente premières secondes. Cachées derrière des arrangements atones se dissimulent de vraies chansons. En accord avec Charlie quand il dit « Le beau est toujours bizarre », le groupe passe son temps à « déjouer », avec des parties de guitares étranges et des lignes de basses « à coté ». Il n’empêche que le résultat est une suite de neuf morceaux magnifiques.

On en arrive même à penser que Tropical Fuck Storm ressemble à ce qu’aurait pu devenir Arcade Fire, sans le melon de Win Butler et Regine Chassagne. (Alors eux on les plaint, quelqu’un devrait leur dire que ce n’’est pas parcequ’on cite Duchamp que de la musique balucharde va se transformer en or). 

Caillou pense, qu’au milieu de la soupe froide généralisée genre Fontaines D.C. et The Murder Capital, Tropical Fuck Storm sauve 2019 à lui tout seul.

Excellent.

QUASAR

Le titre : Ghosteen

L’artiste : Nick Cave & The Bad Seeds

Le format : 2x33T/ 30 cm

La date de sortie : 2019

Le genre : Les boules

C’est qui ?: Le meilleur des Australiens

Qui joue dessus ? : Nick Cave / Warren Ellis / Thomas Wydler / Martyn Casey / Jim Sclavunos / George Vjestica

Comment ca sonne ? : funéraire

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Après l’album de reprises, l’album de rupture amoureuse, l’album de comptines meurtrières, après….à peu prés tout, Nick Cave publie un album de musique pour funérarium. On sait, c’est une blague de mauvais goût, mais cela décrit assez bien l’ambiance du disque.

Vu le titre et la teneur des textes, qui indiquent d’entrée qu’on n’est pas là pour rigoler, impossible d’écouter cet album sans invoquer la vie personnelle du chanteur. Impossible d’éviter le pathos et certains effets gênants, comme quand Nick Cave répète ad lib « waiting for you », donnant envie à l’auditeur de sortir de la pièce discrètement.

Ne faites pas comme Caillou qui, impatient de découvrir la nouvelle production d’un grand artiste le jour de la sortie, s’est senti obligé de l’écouter en rentrant du boulot, dans les embouteillages. Ce n’est pas du tout fait pour ça. Il y a des disques qu’on ne peut écouter que chez soi, en ne faisant rien d’autre. Des disques que vous n’écouterez pas souvent mais que vous aimerez quand même, un peu comme le premier Suicide (et ne venez pas me dire que vous écoutez souvent les hurlements d’Alan Vega au petit déjeuner).

Passée la sorte de gêne qui s’instaure à l’écoute, « Ghosteen » demeure un disque extraordinaire, même si, comme la plupart des doubles albums, il est trop long (fin de la face B/ début de la face C). Vu l’ambiance, on n’en voudra pas au chanteur d’avoir manqué de discernement et d’avoir oublié de supprimer deux ou trois titres, ratant de peu le chef d’œuvre.

On à vérifié sur la pochette, il s’agit bien de Nick Cave AND The Bad Seeds, et pas seulement Nick Cave & Warren Ellis, tant la présence du groupe est discrète. En fait, c’est un disque « a capella » et l’australien n’a jamais aussi bien chanté. De même, les textes sont excellents, avec des passages fulgurants (« Everything we need is just too far, we are photons released from a dying star »). Quand on aborde des thèmes aussi personnels, et à la fois aussi universels, que la perte, la mort et l’absence, pas d’issue : c’est le chef d’œuvre ou rien.

Conscient ou pas des défauts de l’album, Cave conclut l’ensemble sur un morceau de 15 minutes venu d’ailleurs, à proprement parler étourdissant, rattrapant l’ensemble dans une conclusion hallucinée.

Caillou pense que le morceau « Hollywood » est un pur chef-d’œuvre.

AMERICAN IDOL

Le titre : Twelve nudes

L’artiste : Ezra Furman

Le format : 33T/ 30 cm

La date de sortie : 2019

Le genre : rock-indé ? rock ? pop ? quelle importance ?

C’est qui ?: Un américain comme on les aime

Qui joue dessus ? : Ezra Furman / Sam Durkes / Jorgen Jorgensen / Ben Joseph

Comment ca sonne ? : Comme un vieux juke-box

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Fringué en jupe avec aplomb, Ezra Furman produit depuis le début des années 2010 la meilleure musique rock issue des Etats Unis d’Amérique qui soit. Après quatre albums, dont deux qu’on peut, a minima, qualifier d’excellents (Day of the Dog et Transangelic Exodus), le cinquième est presenté par son auteur comme étant « son album Punk » (on invente rien, il y a même une déclaration d’intention en insert dans l’album).

Si tous les disques punk pouvaient être comme ça…

Bon en fait, c’est pas vraiment du punk, au sens «Pistolien» du terme. C’est juste que le son est plus dur qu’avant (un chouilla), qu’il a viré les arrangements de cuivres et de claviers, forçant le chant de manière à sonner éraillé. Et puis un gars qui n’hésite pas, dans l’Amérique de Donald, à se trimballer dans la rue en robe, maquillé comme une fille … respect. Caillou pense qu’il n’à rien à apprendre en terme d’attitude Punk.

Et la musique ? Et bien …elle est d’enfer. Excellente production, pour des morceaux formidables, servis par une voix singulière (on a vérifié, Ezra Furman n’est pas le pseudo du chanteur de Wolf Parade, dont le timbre est très proche). Furman possède une véritable aisance mélodique, révélant un compositeur en pleine possession de ses moyens (ça change) et sur ce disque les influences qu’on pouvait sentir sur ses premiers albums (Jonathan Richman/Lou Reed) ont disparues. De plus, les textes sont bons, parfois poignants («Transition from Nowhere to Nowhere »), voire drôles (« My teeth hurt »). Il y à même un tube : « In America ».

Une autre Amérique, singulière, comme dans un roman de Philip K.Dick.

PS : Après le dernier morceau, il y a un « endless ring » silencieux : un sillon qui se boucle sur lui même, faisant tourner le disque à l’infini, en silence (un peu comme à la fin de Sgt Pepper mais sans musique). Il faut alors se lever et pousser le bras pour s’apercevoir qu’il y a un morceau caché. Über cool…

BOUCAN SUPRÉMATISTE

Le titre : Schlagenheim

L’artiste : Black Midi

Le format : 33T/ 30 cm

La date de sortie : 2019

Le genre : Groupe de rock avec de vrais musiciens

C’est qui ?: Des gamins Londoniens

Qui joue dessus ? : Cameron Picton / Georgie Greep / Matt Kelvin / Morgan Simpson 

Comment ca sonne ? : Wunderbar!

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Au même titre que Can, Suicide ou The Fall, Black Midi est une curiosité. Une de celles qu’on aime sans pour autant savoir pourquoi. Une musique qui échappe à l’analyse critique (vous me direz avec la musique rock c’est pas dur, le terme analyse critique pouvant paraître, à juste titre, comme un gros mot). Une musique qui n’en est pas. Ni mélodie, ni refrains, ni riffs, ni chansons. A la place, une sensation. 

Est-ce du à une utilisation particulière du spectre musical ? au rythme (s) ? à une fréquence particulière? On n’en sait rien, toujours est-il que la sensation demeure et qu’on peut constater qu’une musique rock dépouillée de tous ses artifices habituels fonctionne pourtant. A la manière d’un équivalent blanc du blues.

Selon Peter Guralnick : « le blues est une sensation ». Force est de constater que le blues, le vrai, celui du Delta du Mississippi présente des similitudes: pas vraiment de chansons, mais une scansion rythmique, un son, procurant une sensation, une intention et un ressenti. 

La presse musicale range Black Midi dans la catégorie post-rock ou math-rock, deux inventions qui relèvent de la pure connerie, dans le but de coller une étiquette aux groupes pénibles genre Toirtoise ou Lysistrata. Une avant-garde de pacotille. Ce genre d’approche est éminemment difficile à tenir, comme en témoigne la montagne de groupes catégorisés post-rock/math-rock, tous plus chiants les uns que les autres.

Avec Black Midi, rien de tout ça. Un disque au son mortel, une musique exécuté avec une précision terrible, un truc qui ne ressemble à rien d’autre, comme Can, comme Suicide, comme The Fall.

Considérant que ce genre de groupe est extrêmement rare, Caillou attend la suite avec impatience.

BURGONDES

Le titre : Laurent

L’artiste : It It Anita

Le format : 2x33T/ 30 cm

La date de sortie : 2018

Le genre : Hommage à Sonic Youth

C’est qui ?: Des belges !!

Qui joue dessus ?: Michaël Goffard / Damien Aresta / Bryan Hayart / Elliot Stassen

Comment ca sonne ? : Comme Sonic Youth (période « Sonic Nurse »)

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet.

Ce qu’en pense Caillou :

Contrairement à une légende tenace qu’entretiennent les Français, ce n’est pas parce qu’on est Belge qu’on ne sait rien faire. D’ailleurs en ce qui concerne les groupes de rock, les Gaulois feraient mieux de ne pas la ramener, leurs voisins ayant régulièrement produit d’excellentes formations. 

C’est le cas d’It It Anita, groupe de rock Liégois au nom débile, tendance bruit/accords bizarres/sonic youth/transpi. Des petits jeunes qui ont surement beaucoup écouté les new-yorkais et Deus, n’en conservant pour leur musique que le meilleur (impact sonore; répétitivité basée sur un riff; progressions d’accords bizarres) et virant tous les trucs pénibles de la clique de Thurston Moore (pose arty certifiée fondation Louis Vuitton; discours chiant de musicologue des niches ; tendance à produire des morceaux de deux plombes).

Ce qui peut être une qualité peut également être un petit défaut, faisant du son des belges une sorte de fac-similé sonore du groupe new-yorkais (sur disque en tout cas). Au fond, on s’en fout, les morceaux sont bons et le disque donne envie de monter le son, à part peut-être le morceau « chanté-parlé » où une voix féminine récite un texte moyennement fameux (en plus, voulant évoquer Zola, elle prononce Rou-jon Macquart au lieu de Rou-gon Macquart, ça fait désordre).

Caillou pense que le ministère de la culture Belge devrait leur allouer une subvention afin de les envoyer à Chicago chez Steve Albini pour la production du disque suivant.